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Rejets marins de tritium

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Chapitre 4
 
  1. Le tritium libre (HTO) dans l’environnement marin
  2. Le tritium organiquement lié (OBT) dans la faune et la flore marine
    1. Données bibliographiques
    2. Données dans les zones des émissaires marins de Sellafield et de la Hague
    3. Discussion
  3. Les algues, un bio-indicateur non pertinent pour la surveillance environnementale de l’impact des rejets de tritium sur la faune marine
  4. Le tritium dans les algues, une donnée utilisable pour connaître la donnée tritium libre dans l’eau de mer sur un même site

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André Guillemette - Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest (ACRO)
Jean-Claude Zerbib - Groupe Radioécologie Nord-Cotentin

Résumé

Bioaccumulation du tritium

La bioaccumulation du tritium sous sa forme organique dans les milieux terrestres et aquatiques est une propriété observée depuis une trentaine d’années, [Kirchmann et al., 1971, 1979 et 1981] et [Foulquier et al., 1982]. Cette propriété a été observée pour la faune dulçaquicole, dans une étude IPSN de 1993 [Pally et al., 1993].
La bioaccumulation dans l’environnement marin, proche de sites nucléaires rejetant de grandes quantités de tritium, est constatée depuis une dizaine d’années en Grande Bretagne à Cardiff et à Sellafield. Ces données ont été publiées notamment dans [RIFE, 1996 à 2008] pour la bioaccumulation dans les poissons, les crustacés et les mollusques.

Les teneurs en tritium des éléments de la faune marine sous les formes tritium total et tritium organiquement lié (OBT), rapportées à celle de l’eau de mer sous la forme HTO, varient d’un facteur 10 à Sellafield à des facteurs compris entre 1000 et 10000 à Cardiff.
A Sellafield, dans les mollusques comme dans les poissons ou les crustacés, les contaminations 3H organique et 3H total en Bq/kg frais sont à l’équilibre. Ce constat d’équilibre 3H organique - 3H total est identique pour tous les bio-indicateurs suivis sur le site de Cardiff, mollusques, poissons et algues.

La bioaccumulation du tritium dans la faune marine de la zone maritime située entre les caps de la Hague et de Flamanville fait débat : elle est retenue égale à 1 (donc inexistante) dans deux études récentes de l’IRSN [Maro et al., 2008] et [IRSN, 2008], alors qu’elle était mise en évidence (en étant supérieure à 10) dans une étude commune EDF – IRSN plus ancienne sur quelques échantillons de mollusques, de crustacés et de poissons dans les années 1981 – 85 [EDF 2005].

Les algues, considérées habituellement comme de bons amplificateurs de la pollution radioactive marine, s’avèrent être de mauvais indicateurs pour suivre une contamination tritium de la faune en milieu marin. A Cardiff, où les rejets tritiés sont effectués sous la forme combinée tritium libre (HTO) et molécules marquées (OBT), la teneur en tritium (3H organique et 3H total) dans les flétans et les moules est 100 fois supérieure à celle des algues Fucus serratus [RIFE, 1996 à 2008].

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