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Eléments de réflexion sur le risque sanitaire posé par le tritium (IRSN)

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Chapitre 5
 
  1. Introduction
  2. Approche générale de l’évaluation du risque radiologique
    1. Approche épidémiologique
    2. Approche dosimétrique
  3. Que nous apportent les études épidémiologiques sur le risque tritium chez l’homme ?
    1. Etat de la question
    2. Discussion
  4. Que sait-on des effets biologiques du tritium organique (OBT) ?
    1. Etat de la question
    2. Discussion
  5. Quelle est l’efficacité biologique relative (EBR) du tritium ?
    1. Etat de la question
    2. Discussion
  6. Faut-il revoir le facteur de pondération pour le rayonnement dans le cas du tritium ?
    1. Etat de la question
    2. Discussion
  7. Conclusion et perspectives

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Michel Chartier, Service d’Etudes et d’Expertise en Radioprotection - IRSN Rapport DRPH/SER n°26-2009

Introduction

Le tritium a toujours suscité un grand intérêt parmi les scientifiques et a fait l’objet de très nombreuses publications au cours des 30 dernières années, tant sur ses aspects environnementaux que sanitaires. L’IRSN a publié en 1996 un ouvrage de synthèse sur « le tritium de l’environnement à l’homme » [1]. Ce radionucléide suscite depuis 2007 un regain d’intérêt de la part des scientifiques mais aussi un questionnement du public quant à sa dangerosité pour l’homme dans les conditions d’expositions environnementales. Ce nouveau contexte s’explique par les perspectives d’augmentation des rejets de tritium dans l’environnement par les centrales en fonctionnement, mais aussi par les installations futures telles que l’EPR à Flamanville et ITER à Cadarache. Plusieurs évènements scientifiques et sociétaux illustrent ces nouvelles interrogations. On retiendra notamment la parution du rapport du groupe AGIR du HPA (Health Protection Agency) [2], le séminaire scientifique organisé au Luxembourg par la Commission européenne en novembre 2007 [3], le workshop organisé par la Commission Canadienne de Sûreté Nucléaire en janvier 2008 [4] et celui organisé à Orsay par l’Association Nationale des Commissions Locales d’Informations (ANCCLI) en novembre 2008 [5], enfin le groupe de travail mis en place par l’ASN en 2008. Le rapport du groupe de travail AGIR constitue la revue la plus récente de la littérature scientifique sur le sujet, il s’appuie sur 225 références bibliographiques et offre une très bonne synthèse des connaissances actuelles et des incertitudes sur la dosimétrie du tritium, son efficacité biologique relative, les études épidémiologiques, et les effets sur la reproduction chez la femme.

Le présent rapport analyse la problématique sanitaire posée par le tritium et apprécie la robustesse du système de radioprotection vis-à-vis de ce radionucléide, en mettant en lumière les déficits de connaissances scientifiques sur ses effets biologiques et les recherches à promouvoir en la matière. L’examen des différents sujets évoqués ci-dessus soulève un certain nombre de questions importantes pour les fondements de la radioprotection qui pourraient avoir des implications pratiques. L’ensemble de la communauté scientifique admet aujourd’hui que les estimations de risques consécutifs aux contaminations internes par les radionucléides sont entachées d’incertitudes et que le concept de dose est difficile à utiliser comme indicateur de risque dans ce domaine. Ainsi, le président du comité CERRIE1 [6] concluait que, pour l’ensemble des radionucléides, « les incertitudes liées à l’évaluation des risques après contamination interne peuvent être importantes et cela doit être pris en compte dans les décisions politiques et réglementaires » [7]. La question de fond est donc de savoir si, dans le cas du tritium, le système de radioprotection pour les expositions environnementales est aujourd’hui suffisamment robuste et s’il assure une protection des populations exposées avec une marge de sécurité suffisante.

Après avoir rappelé quelle est l’approche générale qui peut être suivie pour évaluer le risque radiologique lié au tritium dans les conditions d’expositions environnementales, quatre questions principales sont examinées successivement dans la suite de ce rapport :

  • que nous apportent les études épidémiologiques sur le risque tritium chez l’homme ?

  • que sait-on des effets biologiques du tritium organique (OBT) ?

  • quelle est l’efficacité biologique relative (EBR) du tritium ?

  • faut-il revoir le facteur de pondération pour le rayonnement dans le cas du tritium ?

 

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